Anne FONTENEAU

Anne FONTENEAU

Je navigue depuis presque 15 ans maintenant dans les eaux troublées du monde de l’audiovisuel, plutôt sur des productions à petits budgets, de la tnt aux unitaires de France 3 Régions. J’y ai vu nos conditions de travail se durcir et des collègues s’abîmer, pleurer, jeter l’éponge.

Après des années passées à suivre de près la création et l’évolution de la GARRD, j’ai eu envie à mon tour de me rendre utile en gonflant les rangs de la commission droits sociaux, puis en rejoignant le CA. Nous y avons réalisé une enquête sur nos conditions de travail. Elle a mis en évidence et permis de documenter une réalité : la souffrance au travail. Nous avons souhaité ensuite la décliner par diffuseur, en l’agrémentant de questions sur les conditions de travail, afin de pouvoir préciser l’origine de cette souffrance. Et la première chaîne fut M6 l’année passée. Forts de ces données, nous tentons depuis lors d’inviter tous les acteurs de l’écosystème à unir leurs forces contre ce fléau et c’est comme cela que nous avons lancé :
-avec l’aide des acteurs de notre protection sociale : des ateliers de sensibilisation aux situations de souffrance au travail, un annuaire des ressources gratuites en terme d’aide psychologique, et bientôt un annuaire sur les aides financières possibles en cas de difficultés passagères et/ou de fin de droits.
-en partenariat avec les producteurs et diffuseurs, des budgets augmentés sur certaines cases, des chartes de bonnes pratiques tri-partites.

et très prochainement, soutenu par un cabinet d’avocats, une action collective à l’encontre d’une société de production, sur le fondement d’un harcèlement moral institutionnel.
Persuadés par ailleurs que le rôle de la GARRD est de rompre l’isolement auquel nous faisons face, tous, de temps à autres, nous avons lancé les rdvs cathartiques : quoi de mieux que de boire des bières entre pairs tout en vidant son sac ?!
Je postule donc de nouveau au CA pour continuer à apporter mon aide, en particulier sur ce dossier de la souffrance au travail qui m’est cher. Nous avons par exemple comme projet de décliner pour Arte l’étude menée sur M6. Je crois beaucoup à l’action collective et au dialogue social pour faire bouger les lignes. Sans dogmatisme, nous tâtonnons, inventons notre propre syndicalisme, avec ce que nous sommes et les besoins singuliers de notre métier et c’est notre force. Et je profite d’ailleurs de ce texte pour remercier toutes celles et tous ceux qui ont donné de leur temps et de leur énergie, pour que nos voix se fassent entendre. Les producteurs et diffuseurs ont trop longtemps fait sans nous, nous devons retrouver notre juste place. La GARRD s’y applique depuis le début et les choses bougent, certes petit à petit, mais plus jamais des producteurs n’oseront nous proposer un tarif minimum de 120 euros jour dans le cadre de négociations collectives. Parlons-nous, inventons de nouvelles formes d’échanges, j’ai comme projet d’organiser des groupes de paroles entre producteurs et réalisateurs autour des risques psycho-sociaux, prétexte à nous parler en dehors de toutes postures. Mais parlons nous aussi entre nous, donc venez, venez aux apéros, aux rendez-vous cathartiques, juste pour échanger et partager aussi les bonnes nouvelles.

Les candidat⋅es