Je suis réalisatrice depuis 12 ans, journaliste depuis 20 ans : j’ai débuté ma carrière à Radiofrance, avant de faire des films de société et des grands reportages à l’étranger pour France Télévisions et ARTE, notamment en Syrie et en Irak.
Les attaques contre la liberté d’informer en France et à l’étranger me préoccupent énormément et je souhaite m’engager pour défendre ce droit à documenter le réel, que je considère être un pilier important de notre modèle démocratique. Un des moyens de le défendre est d’oeuvrer à améliorer nos conditions de travail, à faire diminuer la précarité qui frappe beaucoup d’entre nous : sans salaire décent, sans assurance adéquate sur terrain ou sans budget alloué à notre protection juridique par exemple, il devient de plus en plus difficile de s’engager dans une enquête exigeante, une investigation incertaine, un tournage dangereux ou au long cours.
Je n’ai jamais cessé d’être journaliste et je défends la place pleine et entière du documentaire parmi les outils à la disposition du public pour s’informer. Je suis même convaincue de son importance, notamment parce qu’il a un succès grandissant auprès de la jeunesse.
Je n’ai jamais cessé d’être reporter, tout en faisant évoluer les formats de mon travail. Mais j’ai souvent dû me battre pour garder ma carte de presse. Je sais que tou.te.s les adhérent.e.s de la GARRD ne se considèrent pas comme journalistes. Néanmoins, je dois dire que l’opposition parfois faite dans notre profession entre documentaire et information me semble artificielle. Celle- ci est d’ailleurs très franco-française et ne se retrouve pas chez nos voisins européens. Je crois que le réel peut se raconter de mille manières, sous diverses formes et approches, tant que la rigueur et l’honnêteté intellectuelle sont respectées. Quand la CCIJP (Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels) nous refuse notre carte de presse, ce n’est d’ailleurs jamais à cause des formats que nous choisissons de donner à notre travail. C’est toujours pour une question de statut : régime général ou intermittence. Les dangers qui pèsent sur la démocratie, et l’état social et éditorial de nos médias me semblent rendre ces considérations obsolètes. Au sein de la GARRD, je souhaite contribuer à éclaircir notre place dans le paysage médiatique, auprès du public, et auprès de tous les acteurs du système : partenaires sociaux, CCIJP, producteurs, diffuseurs, organisations professionnelles, festivals.









